"Mandraca" au coeur de l'Eté.

Publié le par JS

La nuit de la Mandraca est celle du 31 juillet. ( dit la légende ?) Celle ou les mazzeri (shamans corses) se rencontraient en un Col dominant des vallées et se fouettaient le corps jusqu'au sang avec des tiges d'asphodèle sèchées. Ceux qui l'emportaient dans cette bataille sans merci ne se doutaient pas que l'île serait "upgradée "de touristes qui ont "downloadé" leur rêve solaire durant tout l'hiver. Un rêve fait d'une île sans les Corses, comme disait Mussolini la gabbia senza gli uccelli (la cage mais pas les oiseaux). Quelque part sur des sommets dominant des "plages démoustiquées où Dieu met ses lunettes noires", quelque part veille l'âme des Mazzeri, dominant les boites de nuit high tech et des rivières d'huile solaire et de mascara. Ailleurs l'âme des Mazzeri a longé les côtes et bouté Séguéla dehors avec sa baraque de 600 m2. On peut sourire et j'en souris mais loin dans le maquis, très loin dans la nuit maquisarde monte le murmure et les plaintes de ces batailles antiques et heureusement archaïques. La nuit le hibou observe et lorsqu'elle se dérobe l'épervier prend le relais sous ces soleils post-gothiques qui hâlent les peaux vieilles et jeunes. La Corse ne sera jamais les Baléares, espérons le. Mais si elle le devient on entendra longtemps palpiter le coeur du granit, et soudre les sources secrètes qui diront aux oiseaux l'Histoire des Hommes.
Bientôt dans un mois, "ils" se retireront comme la vague en laissant sur le sable les débris du naufrage de leurs rêves hivernaux. Corsica machin tchic-tchac, clic-clac, et string dans le cul. J'irai alors crâcher sur vos tongs. Economy must go on ? What a fuck !
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