Un prohète : l'heure de l'éveil

Publié le par JS

Difficile d'évoquer cette oeuvre de jacques Audiard tant on a beaucoup écrit et parlé  (souvent n'importe quoi) sur le sujet. "Un prophète " fait figure d'ovni dans la production lambda française. Avec ce film Jacques Audiard montre clairement et évidement que l'on peut encore réaliser des oeuvres fortes, denses, artistiquement et socialement très riches.
Entre les murs des prisons de France et du monde entier, vit une faune de rebuts, de vaincus, de "malfaisants". Laissez tout espoir vous qui y entrez comme l'écrivait dante. "un prophète " c'est le dernier cercle de l'enfer. Ici l'Homme est un loup pour le loup et aucun échappatoire n'est possible, or celui de l'intelligence. L'intelligence Malik la démultipliera non pour s'évader mais survivre et enfin règner sur ces murs gris-bleus, humides et froids. Le noir et le sang, l'injure, l'offence et la blessure, perte de l'innocence. Initiatique le film l'est sans doute. Initiation au "Mal" non par choix mais encore par nécessité de survie. Le personnage de Niels Arestrup pourrait s'être enfui de quelque pièce de Shakespeare, roi dérisoire, omnipotent puis abandonné, vrai génie de Mal auquel  Tahar Rahim peu à peu s'identifiera. Image du père en négatif, comme unique et inévitable  réferent et Malik la détruira.
Dans cette atmosphère étouffante, les murs suintent, les corps se frôlent, éjaculent, et saignent de ne pas savoir, de ne pas avoir pu éviter l'enfermement. La Mort rôde omniprésente, pas seulement la mort physique...On pense à Scorcese, inévitablement, à Genet aussi.
On pense parfois au pathétique de la tentative de polémique créee par des élus corses qui n'avaient pas vu le film et se sont fiés à la lecture de journalistes locaux qui ne l'avaient  apparement pas compris.  N'est pas critique qui veut ! Chacun ses murs.

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