Patrick Dewaere

Publié le par M.

 




Patrick Dewaere

Il y a 23 ans ...

Un type comme lui n'aurait jamais dû mourir

                                     


Ce type aurait eu 58 ans en janvier dernier. Voilà 23 ans on l'a retrouvé inerte dans sa chambre ou il avait affronté son miroir muni d'une carabine 22 long rifle. Drôle de mort pour un homme d'image, face au miroir, seul un jour d'été, une carabine dans la bouche. Image inversée du miroir, autre face, autre visage de l'acteur, celle de l'homme face à sa propre image. Pourquoi ? Les suicides sont pleins de « pourquoi » jamais élucidés. Mais peu importe car le « pourquoi » était personnel. On ennuie tellement les acteurs avec leur vie privée. Qu'on laisse au moins à la mort le caractère privé de ce choix ou de ce moment ou tout bascule.

Pour toute une génération qui avait eu 20 ans en 1968, Dewaere reste l'acteur de référence. Référence d'une époque mais aussi référence à un jeu unique, à un jeu incroyablement vivant car sans doute déjà très proche du grand passage. Les étoiles aussi traversent les rivières et leur lumière nous parvient longtemps après leur mort. Ainsi Partrick a choisi de disparaître le 16 juillet 1982 juste avant d'entamer les prises de vue de son prochain film. Et 23 ans après il y a toujours ce rire lumineux et ce regard un peu étrange, fugace au détour d'un plan où l'on devine tout le désarroi de son monde.

Parler du lynchage médiatique qui a précédé sa mort comme de ces photos abjectes volées à la morgue et publiées dans un célèbre hebdomadaire français n'aurait d'intérêt que pour les amateurs de poubelles. Le choc des photos, le poids du vide, l'odeur de la fange.

Je préfère me souvenir de cette fulgurance de l'acteur, cette étrange déchirure qui apparaissait dans ses films et froissait la pellicule. Derrière l'acteur : l'homme. Homme trop vrai et sans doute trop fragile pour cette industrie de l'image. Fort et sensible à la fois pour affronter les médias. Cet acteur comme l'homme lui même avait sans doute une quête, un désir d'authenticité.

« Hôtel des Amériques » de Téchiné : dans la nuit un homme au regard perdu assis sur un quai de gare , face aux ruines d'un amour enfui, regarde la voie. Une voie sans issue.

Cet homme a révolutionné la condition de l'acteur, une révolution dont il fut la première victime. Le « Paradis pour tous » est un leurre

 

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Publié dans Actrices et acteurs.

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