DARSHAN de Jan KOUNEN (rappel)
SORTIE EN FRANCE LE 30 Novembre 2005.
(extrait interview Jan Kounen à propos de Darshan-l'étreinte-)

"Cinéma et aventure intérieure sont pour moi indissociables. Préparer un film me pousse chaque fois à aller plus loin dans l’introspection personnelle. Aussi ai-je pu vivre des choses que je n’aurais pas vécues si je n’avais pas eu le désir de traduire en images certains territoires et certaines expériences.
Ma fonction de cinéaste consiste à travers ce film à interroger nos croyances et à les mettre à l’épreuve d’une autre vision, qui loin de demander un choix, permet d’enrichir notre perception du réel.
Ma position n’est pas celle d’un adepte. Elle est celle d’un réalisateur qui essaie, à travers sa caméra, de poser son regard sur Amma, combinaison de ferveur religieuse extrême et de philosophie altruiste de la vie.
Mélange d’aide aux démunis et de chants dévotionnels. Une approche de la conscience et du social différente de la nôtre.
Après BLUEBERRY et D’AUTRES MONDES, films issus de ma rencontre avec le shamanisme shipibo d’Amazonie péruvienne, j’ai eu le désir d’aller voir dans d’autres cultures, issues de traditions anciennes, comment l’homme accède à cet «ailleurs» et à quelles fins. Que ces démarches soient spirituelles ou non, elles considèrent, d’une manière très différente de la nôtre, les phénomènes de la pensée et les champs de la conscience.
Darshan est le portrait d’ Amritanandamayi devi, un «Mahatma», un maître spirituel.
Je suis allé vers elle avec l’ouverture et la liberté de ramener ce que je ressentais, bon ou mauvais. J’ai construit le film comme un voyage vers le mystère, un voyage que j’ai effectué en la suivant par intermittence durant une année. Le film témoigne de l’évolution de ma perception d’Amma, d’abord le regard de l’occidental face à l’étrange puis un glissement progressif dans le flot de l’amour et la perception de la beauté d’un destin digne d’un mythe. L’histoire d’une petite fille qui était considérée comme folle par tout un village avec sa volonté d’embrasser le monde et qui a fini par convertir les autres à sa «folie».
J’ai été profondément touché par elle, nous avons traversé l’Inde du Rajahstan à Calcutta et le film est le témoin de ce voyage.
Il y a une dimension d’Amma dont le film ne témoigne qu’assez peu et qui pourtant représente une partie majeure de son action, ce sont ses oeuvres, et l’assistance matérielle qu’elle propose à travers ses dernières.
Les oeuvres parlent d’elle même et le film ne cherche pas à expliquer Amma, elle est un mystère.Le film tend simplement à placer le spectateur auprès d’elle, afin de lui laisser percevoir, de lui faire ressentir ce que quiconque après un certain temps ressent auprès d’elle, ne serait-ce qu’en la regardant donner son darshan, un ballet sans fin, une communion véritable. Les regards et les mouvements des visages sont les témoignages
des forces de l’amour en action.
Je ne suis toujours pas un disciple d ‘Amma, mais j’ai pour elle un respect immense et une profonde gratitude car dans ce voyage j’ai reçu ce que je n’allais pas chercher, la vision d’une autre dimension de l’existence."
Jan KOUNEN


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