Jean-Marie Le Clézio

Publié le par M.

JMG Le Clézio est un de mes auteurs préférés, voici quelques extraits qui j'espère vous encourageront à le lire.

"J'aime la plus belle des lumières, chaude, jaune, celle qui apparaît quelquefois l'après-midi sur le mur d'une chambre face au sud. C'est en elle que je voudrais habiter, pendant des jours, des mois, des années. Souple, tiède, vivante, douce, jaune comme la paille, jaune comme la flamme des allumettes, elle entre par la fenêtre ouverte sans que je sache d'où elle vient, de quels sables, de quels champs de maïs ou de blé mur. Elle entre, pareille à une chevelure de femme, elle se met à bouger entre les murs de la chambre, d'un mouvement continu qui emplit de bonheur, d'un seul long mouvement qui se déploie et rebondit sans cesse, la belle lumière chaude, la lumière d'été. Je la sens venir, elle m'enveloppe comme l'air, mais sans rien qui trouble ou attouche, elle regarde chaque parcelle de ma peau, elle me baigne et m'éclaire. Aucune lumière ne sait faire cela comme elle. Elle, elle est venue de tous les points de l'espace, poudre des soleils et des étoiles, parfum des astres. Lumière du tabac et des genêts, lumière du cuir, lumière de la bière, lumière des fleurs, lumière de la peau blonde et claire, elle supporte tout cela avec elle, comme une rivière qui coulerait sur elle-même. On n'entend pas son bruit. C'est à l'intérieur des oreilles qu'elle murmure son chant, c'est à l'intérieur du ventre qu'elle fait tourner sa ronde. Lumière de la paix, et il n'y aura jamais d'autre paix, jamais de bonheur plus grand dans le monde. Les guerres, les crimes, les mensonges, la faim, la soif, la souffrance, tout cela s'efface quand cette lumière emplit l'espace. C'est elle que les hommes veulent voir. "

J.M.G. Le Clézio,

L'Inconnu sur la terre, 1978

"Il y a des ruisseaux d'or qui coulent sur place, au fond des vallées torrides. Il y a des vaguelettes dures, cuites par la chaleur terrible du soleil, et de grandes plages blanches à la courbe parfaite, immobiles devant la mer de sable rouge. La lumière rutile et ruisselle de toutes parts, la lumière qui naît de tous les côtés à la fois, la lumière de la terre, du ciel etdu soleil. Dans le ciel, il n'y a pas de fin."

Déserts


Déserts.

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Publié dans Messages divers

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S
J'outrepasse tous les droits de la forumienne en t'intimant officiellement d'adapter un des livres de Le Clézio!<br /> lol! <br /> Je n'ai pas encore lu ses romans mais je suis certaine, d'après ce que tu dis, que cinématographiquement il doit y avoir quelques beaux plans à faire avec une jolie histoire...<br /> A ton crayon! lol!<br /> <br /> PS : Non je n'étais pas née en 1974!hihi!! Je suis arrivée avec l'ère Mittérand et de la gauche caviard!hihi! Heureusement la littérature n'a vraiment pas d'âge et le rôle de communication que lui donne Le Clézio (et bien d'autres!) est bien rempli!<br /> Bon j'arrête, je parle trop!<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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tu seras surprise a la lecture des romans de Le Clezio, c'est très "visuel" vraiment mais à mon sens difficilement adaptable au cinéma. Je dirai même que ce serait dommage. Celà dit lorsque j'aurai arraché le poil que j'ai dans la main, je tournerai sans doute à nouveau mais avec mes propres sujets. Lol. Eh oui...
S
Quand tu dis,"c'est une écriture, très "cinématographique", très "photographique"", dans "L'Extase Matérielle" il considère effectivement l'art comme un langage et il lie donc tous les arts par leur caratère vivant et par ce qu'ils peuvent susciter chez celui qui les reçoit. Cet aspect doit donc se retrouver dans son écriture. <br /> Cet essai, puisque je n'en suis qu'à celui-là, a été écrit en 1967 (l'époque et ses voyages y sont pour quelque chose, je pense) et j'ai trouvé qu'il empruntait à de nombreuses spiritulatés : bouddhique mais surtout chamanique. Quand il parle de conscience ou de l'homme comme réceptacle de forces et d'énergies, il m'a semblé relire des passages de Castaneda notamment "L'art de rêver". Il évoque des visions qui ne sont pas sans rappeller celles de Castaneda ou plus concrètement celles d'"Autres Mondes".Ceci est sans doute validé par sa bio qui mentionne son séjour avec des indiens.En tout cas, ses inspirations sont mises en perspective dans son écriture , elles lui donnent son relief.<br /> <br /> Il écrit cela avec une telle maturité alors qu'il n'a que 27 ans! Impressionnant. <br /> <br /> Je me demande s'il est toujours en phase avec ce qu'il a écrit dans "L'Extase Matérielle"... Je le verrrai certainement en lisant ces livres! <br /> Si tu relis "L'Extase Matérielle", tu me diras ce que tu en penses.
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Ce que tu dis est en effet très troublant, d'autant plus troublant que les auteurs que j'aime ont tous cette démarche, si l'on sait que je lis Le Clézio et quelques autres depuis 1974 (tu n'étais sans doute pas née...Hihiii). Ainsi, j'aime beaucoup également Gabriel Garcia Marquez, ainsi que Michel Tournier, en particulier "Vendredi ou les limbes du Pacifique qui fait écho à certains thèmes évoqués chez Le Clézio avec bien sûr un style tout à fait différent et une démarche autre.
S
Réactivité immédiate, bravo!<br /> Bon il ne me reste plus qu'à m'y mettre... J'aimerais bien me faire un cycle mais il en a écrit un bon nombre le monsieur (plus de 30 je crois)!<br /> Ce qui intéressant pour moi en ce moment c'est de travailler sur un auteur VIVANT. Ce que je dis peut faire rire mais c'est rare! Il est vivant et son écriture est vivante, il la fait vibrer! Ses mots deviennent matière. En outre, son parcours est passionnant. <br /> Allez, c'est parti pour une aventure leclezienne! lol!<br /> <br /> <br />
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"Ses mots deviennent matière", tu vois je n'avais pas trouvé d'expression aussi appropriée le concernant. J'avais été frappé de celà dès la lecture de son premier roman "le procès-verbal" qui lui a valu très jeune le prix Renaudot. Ensuite je l'ai lu avec des fortunes diverses, mais je dois t'avouer ne pas l'avoir tout lu. Je compte d'ailleurs m'y remettre, au fond c'est une écriture, très "cinématographique", très "photographique" . Il sait vraiment rendre une atmosphère, un détail, c'est magnifique.