Tour de guet.
J'aime l'éphèmère regard, le votre vous qui passez sur ce site. Phrases écrites à la va-vite sans trop réfléchir, phrases lues en diagonale. Brefs échanges entre celui qui lit et celui qui est lu. Certains font des blogs pour y mettre un journal intime, d'autres pour offrir des recettes de cuisine, y compris la cuisine politique. D'autres encore pour dire leur passion pour un auteur, un peintre, un cinéaste...
On dit beaucoup de choses sur les blogs, un peu tout et n'importe quoi, on y trouve aussi tout et n'importe quoi c'est d'ailleurs le but : le tout est souvent n'importe quoi et le n'importe quoi est partout et nulle part. Mais ce qui est une certitude ce sont vos yeux parcourant cet écran alors que je ne vous vois pas, ce sont mes mains parcourant ce clavier et que vous ne voyez pas. Et pourtant les mots sont là, brefs, maladroits, agaçants, chaleureux, directs, comme un secret entre vous et moi. Vous avec votre vie, moi avec la mienne, nous dans une société à mon avis déliquescente.
Nous allons donc brièvement à l'essentiel : l'être, l'être croisé un instant sans la barrière des apparences.
Je fais donc ce site pour le bonheur des pas, que la mer efface tout simplement. Trace fragile laissée sur la cyber-grève. Et après le retrait de la vague il vous appartient de trouver l'éclat des coquillages brisés sur le sable. Tout est dans le regard. Et ce blog est une tour de guet.
