King-Kong, trois histoires de Kong
King-Kong de Ernst B.Schoedak et Merian Cooper, King-Kong de John Guillermin et enfin KING-KONG de Peter Jackson. De ces trois Kongs faudrait-il un vainqueur aux poings ? Chacun a fait à sa manière suivant son époque et son talent, mais il est vrai que le film de Jackson est beaucoup plus proche de l'original que celui de Guillermin qui s'en était délibérement écarté. Le film de Jackson est un hommage de X millions de dollars au film de Schoedak et à son actrice, (il y a d'ailleurs dans le film un clin d'oeil direct à Fay Wray).

Peter Jackson est devenu l'homme des énormes machines filmiques après la trilogie de l'Anneau, King-Kong était un sujet à sa démesure, aussi démesuré que le gorille dont il est ici question, à un tel point que l'on en vient à se demander à la vision du film si Kong n'est pas le symbole de Jackson lui-même.Chaque scène du film est en effet un morceau de bravoure insensé, chaque séquence est fabuleusement mise en scène et chaque plan un tableau inouî. Si le film de Jackson ravira sûrement les ados et effrayera les enfants et les femmes qui ont peur des insectes (eh oui...) il risque toutefois de sembler malgré ses énormes qualités quelque peu indigeste à une partie du public. En effet, il est sans doute des moments où l'on peut se dire que "trop c'est trop", certaines séquences et en particulier celle des insectes sont trop longues et ne font guère avancer l'action, ici le show aussi brillant soit-il (et il l'est assurément ) peut jeter un froid. Le film de Jackson est c'est certain une vraie merveille visuelle, mais doit-on pour autant se satisfaire du scénario ? Les séquences de Skull island beaucoup plus longues que les séquences se déroulant à New-York semblent causer un déséquilibre dans la structure du film, car fort des deux précédentes versions, ce sont bien les séquences urbaines que certains spectateurs attendront longuement. Les séquences des dinosaures, magistrales, font apparaître celles de la capture de Kong comme expédiées. Un peu comme si Jackson avait donné toute son énergie et était pressé de regagner New-York pour terminer son film en beauté. Malgré ces réticences le film est et restera dans les annales comme ce qui existe de mieux aujourd'hui en matière de fantastique, relèguant loin derrière lui le film de John Guillermin qui avait eu l'immense mérite de nous faire découvrir Jessica Lange, remplacée ici par une Naomie Watts magnifique.