Mémoires de celluloïd : un cinéphage averti...

Publié le par M.

Mémoires de celluloïd



Le numérique n'existait pas lorsque j'ai commencé à hanter les salles obscures dont la dénomination m'a toujours fait sourire. Salle obscure ? Alors que une salle de cinéma est l'endroit par excellence ou la lumière trace et écrit des graffiti de rêves et des univers souvent impossibles ?
Non le numérique n'existait pas, et le cinémascope venait commercialement de naître.
Le cinéma, avant que l'image ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, banalisée et galvaudée, j'y accédait comme dans un Temple du haut de mes 5 ans.
Tout avait commencé dans une école d'un village de Corse non loin de la mer, comme cela, un soir sur un banc de bois des images en noir et blanc s'étaien mises en mouvement et ce fut une des plus grandes émotions de ma vie.
Plus tard lors de mon entrée au lycée ce furent jusqu'à 4 séances par semaine, entre «Les Dix Commandements » «  Samson et Dalila » tout un univers qui prenait une force insensée puisque l'image était rare et la télé très peu diffusée. L'émotion était toujours présente et le film durait dans mes rêves beaucoup plus que le temps d'une projection. Le film était un objet rare, il fallait le traquer à la sauvette, guetter les affiches dans les rues, lire « Cinémonde » en cachette car dans feu ce magazine s'étalaient alors dans toute leur splendeur charnelle les Gina Lollobrigida

(Trapèze de Carol Reed), Sophia Loren et Bardot. Bardot pour laquelle je m'était faufilé à dix ans voir ce film « hyper scandaleux » super-interdit au moins de 18 ans et qui ferait bien sourire aujourd'hui : « La bride sur le cou » ou encore « Le repos du Guerrier » . Bardot la sorcière de mes nuits pubères.


A 10 ans c'étaient « mes femmes » elles avaient pour nom Brigitte, Sophia, Gina....et que dire encore des seins aperçus à travers un voile de tulle dans « Messaline » (tout un programme ) qui dévoilait la poitrine de Belinda Lee. Plus tard ce furent « Les amants » de Louis Malle, autre énorme scandale (on se demande aujourd'hui pourquoi) énorme scandale suscité par ce gros plan du poing de Jean-Marc Bory crispé sur celui d'une Jeanne Moreau gémisssante en proie à l'orgasme.
(à suivre) : des salles, au festival de Cannes (souvenirs de rencontres, à la réalisation.

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