Sous l'oeil de l'épervier
Lorsqu'on parvient au col au bout d'une route étroite et sineuse qui cicactrise le bronze du maquis, le bleu éclate à l'horizon jusqu'à Carghjese la Grecque. Il est toujours là, parcourant le ciel d'un hiver sans nuage. Il tournoye, plonge pour disparaître à la recherche de quelque proie, puis jailli d'on ne sait où et recommence à inscrire le premier cercle...il est là et ses ailes en témoignent. C'est un morceau d'histoire complice entre l'Homme que je suis et l'épervier qu'il est. A l'aube j'ai ce matin ouvert les volets sur la vallée d'oliviers que le soleil n'avait pas encore éveillé de leur rêve d'argent, trace laissée par la lune. Je l'ai vu écrire le premier cercle de ce jour. Il sait comme moi que le printemps va venir, comme moi, il le guette sur la terre encore humide et noire de la bruyère et celle rousse des cistes. Ici le perce-neige. L'oeuvre au vert va commencer sous l'oeil de l'épervier, la mort et la renaissance...
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