"Munich : Spielberg sur le fil du rasoir.

Publié le par M.

Spielberg sur le fil du rasoir.


La démarche de Steven Spielberg pour son dernier film « Munich » ne peut manquer de surprendre dans la mesure où elle déjoue ce qui était totalement prévisible : la réalisation d'un film partial et manichéen. Certes l'action offre le point de vue Israëlien sur les attentats des Jeux Olympiques de Munich en 1972 et la longue traque par un commando des services secrets israëliens des exécuteurs de l'attentat. Mais l'évolution du personnage de Avner (ici Eric Bana tout à fait remarquable) bascule dans le doute et l'interrogation sur non pas la légitimité de son action mais du moins sur son utilité. Steven Spielberg renvoie pratiquement dos à dos juifs et palestiniens : on ne lutte pas contre le terrorisme par le terrorisme, et la dernière séquence se déroulant avec en toile de fond les tours du World Trade est sur ce point éloquente. Que dire aussi du rôle plus qu'ambigu de la CIA dans cette affaire ? En une seule et brève séquence Steven Spielberg nous montre une CIA soutenant Septembre Noir pour préserver les intérêts américains en Europe et maintenir une sorte de pacte de non agression des ambassades US par l'organisation. Agents troubles.
On pourra certes dénoncer la naïveté d'un film par moment extrêmement violent (ce qui est rare chez Spielberg) mais certainement pas mettre en cause la vision humaniste du réalisateur et son souci d'éviter le manichéisme. Une seule scène s'avère cependant maladroite et sans doute inutile : celle où le personnage de Avner retrouvant sa femme au bout de deux ans lui fait l'amour alors qu'il est hanté par les visions de l'attentat.
Au plan formel le film est directement réalisé dans le style des années 1970 donc le style propre à l'époque où se déroule l'action.
Avec « MUNICH » Spielberg signe son film le plus adulte mais aussi le plus surprenant,

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Tout à fait d'accord avec cette brillante critique - j'en parle aussi sur mon blog. Pour moi, il renvoie les deux parfaitement dos à dos.
Répondre
W
je suis content que ce point de vue soit partagé. Merci de ta visite, je viendrai sur ton blog pour lire ce que tu penses du film.
A
"Munich", un film que je dois aller voir dans la semaine (il passe assez tard dans notre petit cinéma Périgourdin)...Merci pour tes messages, et merci encore d'avoir parlé à A.Jaoui de mon blog, je t'en suis très reconnaissante. J'espère en avoir un retour positif!salute (c'est comme çà qu'on dit en corse non?)Alice
Répondre
Agnès n'est pas une fan d'internet, je l'ai eue longuement au téléphone et bien sûr je lui ai parlé de ton blog. J'ai hâte que son disque sorte. J'en ai écouté des extraits c'est super. Concernant le passage des films, je suis dans une ville de 60 000 habitants et nous ne sommes pas très gâtés non plus. Les grosses machines sortent en même temps que Paris, pour le reste il faut soit attendre soit s'en remettre aux dvd 6 mois plus tard.<br />  
H
J'ai beaucoup aimé la toute derniere image (plan fixe sur la ville et sur ... ) qui est une conclusion forte sur l'idée que le sang améne le sang et que quelque soit l'epoque, on trouve toujours une bonne raison de tuer son voisin, qui tuera ta femme alors tu tueras son frere etc etc etc etc Pour le reste , Spielberg c'est du Mc do haut de gamme, pas desagreable mais il manque un petit quelque chose pour que le film apporte quelque chose de profond au spectateur.Mais Spielberg le voulait-il seulement ?
Répondre
Je crois que comme d'habitude les barrières commerciales sont celles de Spielberg. On sent bien l'envie de "se lâcher" dans ses derniers films. Du moins côté violence : on l'a vu avec le soldat Ryan et maintenant avec Munich. Côté sexe aussi c'est très sage. Quant on pense à ce qu'il a fait de IQ.... Il donnera sans doute un jour un film totalement affranchi de la gangue hollywoodienne mais ce n'est pas demain la veille et c'est bien dommage.Munich est sûrement son film le plus adulte cependant.