Et l'Italie créa Giovanna Mezzogiorno
Elle a l'oeil bleu-vert profond comme la Méditerrannée. Un regard qui traduit toutes les émotions, un oeil qui vous happe au détour d'un plan de film et ne vous lâche plus. Giovanna vous entraîne très loin dans sa douceur et sa révolte suivant les rôles. Elle fait partie de ces actrices qui vous font traverser un film comme l'on traverse une rivière tumultueuse mais en toute sécurité. Elle vous prend par la main et sur l'autre rive vous regarde pour s'assurer que tout va bien. Jeu nuancé, subtil. Mezzogiorno n'est pas du tout le genre d'actrice qui en font des tonnes, bien au contraire. Elle est là, simple naturelle parfois brisée, parfois rêveuse, mais toujours vraie. Je l'ai découverte dans "la finestra di fronte " de Ferzan Ozpetek et depuis quelque soit le film je le vois pour elle car elle est toujours impeccable même dans des films où l'on ne peut rien "sauver" tel "Sta con me" . En revanche lorsque le rôle est à sa mesure, elle devient prodigieuse, c'était le cas dans le fim d'Ozpetek et çà l'est encore dans "la Bestia nel cuore " de Cristina Comencini. Un rôle sur le fil du rasoir, un rôle pour elle, un rôle rare dans un film rare. Et l'Italie crea Mezzogiorno. Un seul espoir qu'elle continue de bien choisir ses rôles car gâcher ce talent serait un crime.
