Cannes festival et Kubrick à la plage ?

Publié le par M.

Kubrick à la plage...

Il y a près de l'aéroport d'Ajaccio une plage de trois kilomètres. C'est d'ailleurs la première chose que le visiteur remarque en débarquant de l'aéroport Campo dell'Oro. Ce n'est certes pas la plus belle des plages, mais le sable y est blanc et suivant l'horaire on peut éviter les embouteillages du retour. Premier jour de plage. Tranquille. C'est encore possible sans se marcher dessus ou se chevaucher nous ne sommes pas au mois d'aôut. Encore quelques semaines de paix avant le grand rush. Je m'installe donc dans le sable dos à la palissade de bois. Et je lis ou plutôt je relis « Deux ans avec Stanley Kubrick » de Frederic Raphaël le scénariste de « Eyes wide shut », film vu et revu, car depuis des années je continue mon évangile pelliculaire selon Kubrick. Kubrick est mort discrètement il y a quelques années. Discrètement et non tel le Zeus d'un Olympe cinématographique dont la chute sur terre aurait fracassé les marches du palais des Festival de Cannes. Car finalement...rien de neuf à part Kubrick. Là-bas, de l'autre côté de la Méditerrannée il y a le Palais sur la plage et son tapis rouge et dans la rue d'Antibes d'autres tapis ou l'on vend des films c'est la que tout se joue. Je n'ai plus envie d'aller à Cannes sans doute y ai-je trop été. 15 années de bousculades, de veilles, d'impolitesse, quinze années où je voyais jusqu'à 4 films par jour. Quinze années de strass, de paillettes et de nuits sans sommeil. Cannes dans la journée a ce bruissement futile avec ces hordes de gens qui désoeuvrés arpentent la Croisette et qui tentent d'apercevoir un poil du cul de « star ». Un poil du cul pour s'accrocher et être inondé de la « gloire » ou supposée tel de l'autre. Tout cela ne m'amuse plus et ne me fait plus sourire. Bien sûr il y a les films c'est bien là l'essentiel. Décidément je n'aime plus l'odeur des palmes au petit matin, même si j'ai beaucoup aimé les petits déjeuners au « Blue bar » qui aujoud'hui n'existe plus, même si par une nuit de brume en sortant du « petit Carlton » je la vis gantée de noir et portant une étole de crèpe alors qu'un musicien jouait de l'orgue de barbarie. Altière et portant le deuil d'un grand cinéaste : Fanny Ardant aux  yeux de fièvre tel une Ava Gardner qui aurait perdu son matador. Elle était sublime Ardant l'ardente. Ce sont de tels moments qui m'ont fait aimer Cannes. Mais pour un instant rendu magique par mon regard, combien de grosses oies emplumées, embijoutées, combien d'otaries en lamé, bruyantes et glapissantes, la lèvre ointe d'écarlate a t-il fallu croiser et éviter d'entendre ? Car oui à Cannes faute des sentiers de la gloire, le sommet de la vulgarité est très vite atteint. Path of Glory, les sentiers de la gloire c'était le titre d'un film de Kubrick. Kubrick est mort et enterré. Hier soir j'ai pris l'air en visionnant Terrence Malick's « the New World » un nouveau monde, du temps où l'arbre, la bête et l'homme ne faisaient qu'un.
Un nouveau monde ? Pour quoi faire ? Des films peut-être. 
 
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Publié dans Cinéma

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M
Quelle question ?J'espère que ce n'est pas encore une de ses réflexions nombrilistes sur le petit monde mesquin du cinéma...
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Truffaut disait qu'il préférait le cinéma à la vie...Je préfère la vie et j'ai horreur de gens qui font "du cinéma" dans la vie.
M
Heureusement, il y a autre chose à faire que des films. Heureusement....
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W
autre chose que des films ? Je ne sais pas...Je me pose toujours la question de Truffaut.