Mighela Cesari, Mighele Raffaeli : la mer en partage
Sur une colline abrupte, au dessus du Golfe de Lava en Corse, il est une maison blanche aux volets bleus, perdue comme un rêve en plein maquis, cernée de lentisques, d'aubépine et de cistes. Là-haut les palmiers se balancent doucement au crépuscule qui fond sur le golfe. Au loin on devine d'autres golfes, celui de Cinarca et plus loin celui de Cargèse la Grecque.

Dans cette maison on y fait de la musique, on chante et on y peint. On y boit aussi du vin. C'est la musique de MIGHELE RAFFAELI, celle qu'il compose à l'aube quand le soleil qui se lève sur la mer vient lui donner ses accords et ses fils d'or pour tendre sur la Méditerrannée une toile ou un air de cistre emmené par le vent de l'Histoire. Il a le cheveux blanc et l'oeil qui a vu bien des terres Mighele, des terres ocres plus loin là où nait le désert, des terres blanches sculptées par le vent du sud. Des terres et des îles où ont chanté les peuples qui avec la Corse ont partagé la Mer du Milieu des Terres, « le sang mais aussi le sel bien avant la naissance du Christ » Emu spartutu lu mari : nous avons partagé la mer.

Elle a l'oeil noir, des femmes du Sud, elle en a aussi le caractère fait de violence et d'une infinie douceur, de résistance et de compassion. Vétue de noir elle nous livre l'Histoire des filles du granit, celles dont la voix se transmet par delà des siècles de guerre, de mort et de souffrances, celles dont la voix puise sa source dans les soleils qui se cachent et porte le deuil des peuples ignorés. Une voix qui émane des incendies mal éteints et des printemps avortés. Une voix qui annonce le lever du jour et la chute de la dernière étoîle. Ici au coeur du granit qui suinte sous la brume de l'aube, nait la voix de MIGHELA CESARI. Une voix unique, à nulle autre pareille, relais d'une histoire éternelle celle de ceux qui on partagé la Mer d'entre les Mers.
Ainsi au coeur du maquis est né ce disque « Emu spartutu lu mari ».

Un disque que méritent ceux qui savent entendre.
http://www.albiana.fr/article-297.htm
Un disque qui rend le mot talent désuet, inopérant, pour laisser la place à un autre mot : la magie.