Festivals de Cannes, je me souviens...

Publié le par M.

D'abord c'était en fac à Nice, emmerdant çà, le festival tombait juste avant les oraux et évidement je me tapais les "rattrapages" de Septembre. Tout l'été à reviser pour 10 jours passés à Cannes....C'était l'époque du vieux Palais Croisette, on l'on pouvait rentrer, monter jusque sur la terrasse du Palais en agitant sa carte de Restau U dans tous les sens et très vite...Les choses on bien changé, mais je ne retiendrai de ces années là que la projection de "If" de Lyndsay Anderson avec un inconnu qui s'appelait alors et s'appelle toujours Malcom Mc Dowell, c'était bien avant que l'"Orange Mécanique" ne lui pète à la gueule.

Des années plus tard, accrédité, badgé jusqu'aux yeux j'affronte le "bunker" hum...Canal + était partout. 50 films en 10 jours jusqu'à ne plus savoir ce que je voyais. C'était la grande époque des Golan et Globus, les producteurs de films cheap, qui avaient commencé à produire des gros budgets et se payaient des Jon Voight dans leur casting (Runaway Train) des Mery Streep (un cri dans la nuit) ils ont depuis fait faillite...

40ème anniversaire 1987, la totale. Et un souvenir bizarre de pluie sur Cannes. En sortant du "Petit Carlton" juste en haut de la rue d'Antibes, il bruinait, une pluie fine comme on en voit rarement à Cannes. Elle passait brune, altière avec cette voix qui n'appartient qu'à elle une écharpe de mousseline noire flottant autour de son cou, ses yeux de feu voyaient au delà des écrans. Elle ne jeta même pas un regard au type qui jouait de l'orgue de barbarie au coin de la rue : Fanny Ardant, comme dans un rêve,comme dans un film. Irréelle, sauvage elle disparu au coin de la rue comme un fantôme de cinéma. La jeune femme blonde à mes côtés me regardait regarder Ardant. La jeune femme blonde venait de monter un de mes courts-métrages...Elle eut un sourire un peu vague mais je su que ce "plan de vie" ne quitterais jamais ma mémoire.

Tenue de soirée.

Nous avions rendez-vous au "Blue bar" qui n'existe plus aujourdh'ui, Noga Hilton oblige. Comment était-elle arrivée de Paris avec cette vieille caisse, je ne le saurai jamais. Elle portait un jean's usé, de très longs cheveux roux tombant sur les épaules et des yeux de méditerrannée un matin d'orage. Elle s'effondra sous le soleil dans un fauteuil d'osier. Puis remarqua tout près de nous une de ses amies, qui devait trois ans plus tard défrayer la presse internationnale avec un film copieusement hué et qui ruina sa carrière. On ne fait pas impunément des films avec des stars de poids, ou du moins à Cannes, le droit à "l'erreur "ne pardonne pas.

Elles s'embrassèrent et nous quittâmes la future ex-glorieuse sans ménagement, pour le Carlton.  Arriver au Carlton en gueunilles c'est le top du top. Depp et consorts le firent après elle. Elle disparu aussitôt dans les chiottes, son sac de tissu à l'épaule et je vis ressortir une merveille rousse dans une robe noire fendue jusqu'aux  hanches trainant un vieux sac de jute qu'elle jeta dans sa bagnole pourrie. Sous le soleil de Satan de Pialat nous attendait au palais. En sortant elle me dit qu'elle ne savait pas ou dormir et j'avais une chambre à 100 mètres du Palais mais ceci est une autre nuit...(désolé).

(à suivre)

40 ème anniversaire (un must il faut l'écrire...)

Arrivé tôt au palais. Difficile de supporter de grosses bécasses cannoises joufflues rougeaudes à la poitrine lamée et énorme, le cheveux platine l'oeil disparaissant sous les faux-cils. De grosses bourges sexagénaires qui voudraient bien se donner l'air mais qui n'ont pas l'air de tout. L'arrogance que donne le fric et ....la vulgarité cheap. En rentrant un mec les photographie, elles se tournent vers moi "vous avez vu ? C'était quoi comme magazine ? Et je réponds "L'idiot international" . J'entre tôt dans la salle où le parterre se rempli peu à peu. C'est à dire que ce soir l'évènement est exceptionnel, fantasmatique énorme et les pétasses que j'ai croisé en rentrant dans le palais auraient pu être dans le film de celui qu'on attendait et que je n'aurais loupé pour rien au monde. Le parterre est un sacré parterre, Paul Newman, flanqué de Catherine Deneuve, Yves Montand ect...mais celui qui devait arriver enterrait les stars vivantes et mortes. Tout le monde est assis, tout le monde attend et soudain tout le monde se lève d'un coup, c'est lui, la seule personne au monde à laquelle j'aurais pu demander un autographe car j'ai trop d'orgueil pour me faire signer un tel machin dérisoire, risible mais lui c'est le Michelange du Cinéma. Lui et peut-être Brando...Mais il est la, il descend escorté jusqu'à la place au milieu de la rangée principale, les bras levés au ciel comme un boxeur qui vient de remporter un match, un écharpe rouge sur son smoking noir : FEDERICO FELLINI.  La salle vrombit sous les applaudissement, combien on vu tous ses films ? Va savoir, moi je sais que je les ai tous vu et ce soir, en sa présence je vais voir le dernier "INTERVISTA". C'est dingue, je le trouve clownesque, l'air malicieux voire goguenard, le cheveux blanc, l'oeil plissé, la standing ovation n'en fini plus. Ladies and gentlemen the screening is about to start la salle s'éteint lentement. Une des plus grandes émotions cinématographiques de ma vie vient de se produire.

Cannes en vrac et sans date,

Je me souviens d'une fille dans la piscine du Palm beach à la fête de Première, une piscine vidée de son eau et remplie de ballons blancs que des mecs faisaient exploser avec leur clope. Et la fille se retrouvait hurlant et à poil.

Mel Gibson, cheveux longs et blonds, mal rasés. Jon Voight (une vraie rencontre) totalement mystique et racontant inlassablement les doctrines des philosophes hassidiques (à Cannes il faut le faire...). Maruschka Detmers le lendemain de "la nuit de la fellation", moulée dans une robe verte à damner la terre, le ciel et l'enfer (c'était pour  la projo du "Diable au corps" de Bellochio. Beatrice Dalle titubant sur la Croisette, comme une somnambule soutenue par Dominique Besnehard,  Pialat le point levé à la remise des prix et faisant un bras d'honneur au public, les premières images de "le dernier empereur" 7 minutes préséntées au palais par Bertolucci himself. Feu Richard Brooks avec un pantalon trop court. Jane Russell âgée le cheveux poivre et sel mais la poitrine toujours opulente. Feue Lilian Gish, alors là c'est de l'antiquité pure..pour la projo des "Baleines du mois d'Août. Robert de Niro. de Niro, sobre, silencieux, peu disert, taciturne.Paul Newman et Joanne Woodward à la conférence de presse de son film "la ménagerie de verre". Jean-Luc Godard à la projo de King Lear avec une écharpe en laine en plein mois de Mai....et le Blue bar de l'époque encore et toujours...la projection du "Sacrifice" de Tarkowski  à 22 heures (après avoir vu 4 films dans la journée ) la projo de Arizona junior des frères Coen à minuit avec Nic Cage.(sixième film de la journée) ect.....et puis Paula... chargée de prod chez " Paul Entertainment" la cinquantaine alerte et non liftée, une beverlyhillsoise un peu éthylique un peu fragile. Mais celà est une autre nuit....(à suivre si vous pouvez..)

Je me souviens de la très snob Michelle Hallberstadt à l'époque rédactrice en chef de Première, et aujourd'hui productrice. On la voyait de partout tant et tant qu'on aurait pu la croire clonée, voix suave, regard lointain étudié. Risible. Jon Voight s'asseyant à notre table à cette même fête de Première. Nous n'étions que deux à moitié bourrés et occupions une table de six.

Je me souviens d'une conférence de presse avec Klaus Kinski les cheveux teints en rouge. Un journaliste lui demande qu'est-ce que le talent. Kinski dégrafe alors le corsage de la jeune actrice qui l'accompagnait, lui met les seins à l'air et répond "le talent c'est çà".

 Anecdote stupide :Projection de gala des "ailes du désir", porté par le film je dégage une de mes chaussures puis lui file un coup de pied et l'envoie trois rang devant aux pieds de Dolph Lundgren qui à mon avis n'avait pas du comprendre grand chose au film...Récupérer la "pompe" fut toute une histoire au milieu de tous les pingouins en fin de projo.

 

 

 

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Ah bon, le "Blue bar" n'existe plus, snif ?!?... (j'aimais bien, moi, surtout le matin de bonne heure... ;-D)<br />
Répondre
W
Non David, pas de Cannes cette année et c'est un peu dommage car le 18/05 on présente le film de Jan Kounen en sélection officielle....Dommage, pas le temps.
Répondre
H
Une chose me marque ici et m'explose à la figure........ " un de mes courts-métrages... "<br /> Alors là, c'est une petite révélation !<br /> Quelques détails supplementaires dans le prochain épisode ?<br /> <br /> Seras-tu sur place cette année pour apporter une autre vision du festival ?
Répondre