Corse : Une jeunesse en perdition
La semaine dernière deux jeunes filles de 15 ans sautaient de leur balcon et la presse hexagonale s'en est largement fait l'écho. Fait divers banal : mourir à 15 ans, pour rien, par mal-être. Les deux gamines étaient sous suivi psychologique à ce que l'on raconte. Peu importe. Cet acte m'a rappelé le film de Rossellini "Allemagne, Année 0" où un enfant sautait d'un immeuble en ruine devant Berlin dévasté par les bombes. Dans l'île la dévastation existe, elle est surtout dans les esprits. Certains ont cru bon d'incriminer internet, les blogs, le portable...Qui ou que faut -il incriminer si incrimination il y a . Non. Une société déliquescente où l'avoir tient lieu d'être (celà a été maintes fois écrit sur ce blog). "Ici" on existe par l'image que l'on donne. L'image : délire schizophrène qui atteint les adultes et à fortiori les enfants. Se confier au miroir qui renvoit une image inverser. Miroir de l'oeil de l'autre. Irresponsabilité collective. Gosses livrés à eux mêmes : se tuer non pour se détruire mais pour exister, étrange paradoxe. Ici l'on possède, on défile, on se montre. La Corse désert culturel où une autre image vient interférer le réel celle de TF1 et de ses jeux à la con, de ses stalettes mâles et femelles préfabriquées, info truquée, marche-pied du consummérisme. Rien dans la tête, tout dans les poches. Il y a quelques temps on trouvait des T shirts : "Corse toujours soumise, jamais conquise" le parangon de la débilité mentale. Oui l'Ile est soumise par le consumérisme, par le rejet de l'autre, par cet horizon bouché de l'absence de perspective, par cette vulgarité toute méditerranéenne de l'ostentation et du verbe haut. Les adultes s'entretuent parfois, les enfants se suicident. (sans généraliser heureusement) cet acte doit interpeler les consciences, s'il en reste. Mais de la conscience clinquante et "bling-bling" de l'avoir, le passage à la conscience de l'être est une question de survie. Société insulaire qui agonise lentement. Il y a aussi, sans généraliser, ces jeunes qui se prostituent pour un portable, ou un sac Rykyiel tandis que leurs aînés se "prostituent " pour autre chose, un peu comme Eric Besson. Dur ? " Qui bene amat, bene castigat" - Qui aime bien châtie bien.
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