Chaleur urbaine
Il y a cette ville, quasi déserte en hiver, cette ville battue par les flots où sur le port agonisent de vieilles barques à la peinture écaillée. Mais là au coeur de l'été, des yatchs, une foule en sueur qui déambule nuit et jour hébètée par la chaleur. Strings, sueur et odeur de gasoil et du graillons, effluves des restaurants, poubelles qui débordent nuit et jour. Vergetures étalées à profusion, comme si les corps lassés de se couvrir durant l'hiver exudaient l'été sans retenue aucune. Tiroir-caisse, tiroir-guillotine pour le touriste et le "local". 2€50 un café, 7 € un fond de Bailey's dans un verre douteux rempli aux 3/4 de glaçons. Bling, bling c'est l'été. Le soleil ne pardonne rien, il s'en fout le soleil dont on dit qu'il brille pour tout le monde, tu parles. La semaine dernière un ouvrier s'est flingué (le 6ème en un an) dans une usine automobile de Mulhouse. Foin de congés payés et la retraite dans ce cas avant 60 ans. Le soleil ne brille pas pour tout le monde. Là bas les arbres de l'Elysée font de l'ombre et cette ombre s'étend peu à peu, elle voudrait nous faire croire qu'elle est le soleil. Coup de chaleur. Coup de froid dans les esprits congelés, anesthésiés, anéantis. L'ouverture est une "ouverture de braguette " pour faire bander de malheureux policards impuissants et réduits au silence. Bling bling c'est l'Eté. Plus dur sera l'hiver.
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