99 F : un sacré film.

Voici donc l'affiche du film choisie par le réalisateur et que vous ne verrez pas sur les murs de vos villes . Pourtant a elle seule elle résume totalement l'esprit du film. Patrick Le Lay ex pdg de TF1 disait que son boulot consistait a rendre des cerveaux disponibles pour acheter du Coca. La réponse est chez Kounen. Evidement les abonnés de ce site savent que je suis mal placé pour en faire une critique. Pourtant, mine de rien Jan Kounen au delà des outrances ou à cause d'elles présentes dans le film, signe sa première oeuvre réellement politique. Après tout les "cerveaux disponibles " c'est à dire totalement avachis au sens Le Laysien du terme ont bien voté Sarkozy comme on achète un paquet de lessive ou une marque de yaourt. Bref....comme dirait justement Sarko. Ce film est celui d'une époque décérebrée ou la place du cerveau est occupée par celle de l'estomac et du tiroir-caisse. Le film est drôle, très, pourvu que l'on sache un peu distancier, que l'on ne soit pas un cul-béni ou un béni-oui-oui... ou un coincé du bulbe.C'est corrosif, "çà arrache un max "comme dirait l'autre. Pourtant derrière le rire se cache un vrai désespoir de voir cette humanité considérée comme un tube digestif se prosternant devant le veau d'or du tiroir-caisse. On chie, on vomit, on se drogue, on se branle, on baise,on se drogue encore mais la vraie drogue est ce réflexe pavlovien crée par les publicitaires. Les "héros" du film sont des pourvoyeurs de désirs. Le désir d'achat. Les gens heureux ne consomment pas."On nous fait croire, que le bonheur c'est d'avoir des tas de choses dans nos armoires " chantait Souchon. Kounen avec une fausse vraie fin ouvre une autre possibilité Rousseauiste, mais celà n'est qu'un rêve....Le dernier plan sur une affiche baignée de pluie nous dit que l'enfer est bien ici. Un enfer pavé de désirs qui ne sont pas les notres mais que l'on nous à fait adopter à force de matraquage. Dire que le film est splendide pourrait paraître outrancier. C'est un film novateur qui explore des territoires filmiquement vierges. Pour le voir en toute sérénité, ne laissez pas votre cerveau au vestiaire. Mais allez-y car vous aurez peu de chance voire aucune chance de le voir en prime-time un dimanche soir sur TF1.