Venise une fois parmi tant d'autres...

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Venise une fois parmi tant d'autres. Je vous ai expliqué que si vous vous rendez à Venise évitez à tout prix les hauts lieu du tourisme comme San Marco ou le Rialto. Vous devez y aller mais pas "aux heures de pointes" c'est l'horreur. En revanche si vous allez flaner le long de la liste dei Schiavoni (son nom vient sans doute de l'ancien marché aux esclaves) jusqu'à l'arsenal. Vous découvrirez tout autre chose, surtout du côté de l'arsenal. On y passe parfois en vaporetto en revenant des îles de Murano ou de Burano. Venise est un miracle d'architecture, comme un rêve de pierre et de marbre posé sur l'eau.

Ainsi il était une autre fois à Venise : dès que j'arrivai à la gare je me rendis à l'hotel Gli Alboretti (les petits arbres) à l'Accademia, juste au pied du seul pont de bois qui enjambe le grand Canal. Je jetai mon sac à dos dans la chambre et après avoir pris une douche, je sautai dans le premier vaporetto, pour San Marco. Sur la place une incroyable envie de pisser me vint et j'allai au toilettes publiques. Il y avait la queue, mais ce que j'ignorais c'est qu'il y en avait aussi une autre...Scène fellinienne à nouveau, une énorme femme blonde et outrageusement maquillée distribuait des tickets de pissotière qu'elle enfilait sur une grande aiguille de la main droite,  de la main gauche elle désignait silencieusement  les latrines. C'est très poétique Venise. J'entre, et près de moi j'entends une sorte de souffle, tout près du wc turc que j'occupais et là.... un vieillard  très sale qui tenait  un filet à provision d'une main se masturbait de l'autre, enfin du moins tentait de se masturber car vu l'état de la "chose" flasque et molle ...j'eu une haut-le-coeur et je me tirai vite fait. Venise l'or et la fange.

Sur la place le soir avait pris des couleurs d'or et d'argent veinées de pourpre, les pigeons cessaient leur roucoulement, les touristes refluaient enfin vers Mestre (une horreur) ou le Lido. Enfin presque seul. C'est si bien de s'envoyer un litre de vin rosé sicilien dans une petite trattoria quand le soir tombe en écoutant des chansons italiennes. Enfin seul dans le miroir de l'Histoire, seul et tranquille. Aller boire un verre au Harry's bar, cher à Hemingway ou aller traîner sur le Corto Maltese dans l'établissement d'Hugo Pratt. Passer dans des ruelles obscures et si étroites que l'on peut en écartant les bras toucher chaque façade de briques rouges.Se perdre enfin dans Venise et tout oublier, tout abandonner derrière soi comme l'étrave d'un vaporetto filant dans le nuit vers les îles, tracer son chemin dans la ville-labyrinthe. Se perdre encore dans un rêve sans retour et sans mémoire. Croiser des  amoureux enlacés qui ne savent pas encore ce qu'ils devraient savoir...croiser un regard noir de femme solitaire et brune au détour d'un puit....

(à suivre)

L'Accademia ou se trouve Gli Alboretti (mon hôtel habituel).

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M
Encore.... :)
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H
Venise est LA ville où il faut se perdre pour la decouvrir et l'apprecier vraiment, jetez vos cartes et sortez des rues principales.<br /> Le hazard fera le reste...<br />
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