Corsica, un air d'Irlande
Le crépuscule tombe sur la ville. Un vent frais vient du large, tout près de l'eau sur des tréteaux un groupe irlandais chante des balades d'un autre age. Les gens dansent et boivent. Bien sûr l'Irlande et la Corse sont soeurs comme disait une chanson Corse "Surella d'Irlanda". C'était, il y a 30 ans, par des nuits de bombes et de tonnerre, des nuits de chaînes et de geôles, des nuits de mythe. Mais aujourd'hui le profit a eu raison du mythe. Certes il reste les chansons. Mais les Corses se sont entretués voilà dix ans. Je regarde tous ces gens danser et fraterniser sur des airs irlandais. Le pastis et la bière coulent à flot, celà vaut mieux que le sang de part et d'autre.

Je parlerai un jour, ici, je vous parlerai du mythe de la Corse et de la fin du mythe. Des trahisons des idéaux et surtout du profit, de tout ce que l'on dit à voix basse dans les bars enfummés. Le début de la fin.

Le "début de la nuit" celle où l'on finit par ressembler à tout le monde. La nuit impersonnelle des peuples, qu'ils soient du Connemara ou de la vallée de la Gravonna.

Dans le vent frais de la nuit identaire, je m'en vais pas les ruelles alors que les chants d'irlande résonnent à mes oreilles et je me souviens des aubes rouges et je me dit qu'il est bien tard, trop tard peut être.
