Corse l'envers du décor

Un endroit de rêve quelque part sur la rive sud du Golfe d'Ajaccio. Un lieu crépusculaire sous l'automne. Des millions de pixels ne te rendront jamais cette odeur marine qui envahit le soir, cette brise de mer humide lorsque le soleil tombe. Là sous la piscine il y a la plage privée. Ciel acier, regards. Un bateau est parti, d'autres viendront. Là un 747 vient de décoller dans le soir. Champagne au bord de la piscine. Crépuscule encore et puis la nuit. La nuit de la Corse, en face la ville où se chuchotent de supposés secrets, des bars grouillants et enfummés, des endroits où l'on plaisante gentimen, puis la plaisanterie tourne à l'aigre et le soit-disant humour sert de pic contre n'importe lequel où laquelle qui ose sortir du rang. Ici, dans le bleu et l'acier tout est calme. En face on s'étripe avec le sourire, c'est aussi et surtout cela la Corse, une société de « garde à vue » où chacun doit se sentir comptable de ses actes envers l'autre. L'invidia (l'envie) envers du décor face cachée d'une société insulaire étriquée,mesquine. Mais ici sur la piscine tout est si calme.Tout est si beau.
Vendredi soir. L'avant veille du bleu et du gris, une brasserie quelconque et des mecs à la cinquantaine fatiguée et incertaine, buvaient autour de leur conviction d'être des génies locaux détenteurs de l'identité insulaire et de sa vérité. Tout cela est lassant et en tant qu'invité j'hésite à partir. Le spectacle de l'avachissement ne me réussit pas de même que celui de la psychopathologie insulaire.Alcool, plaisanteries grasses en présence d'une femme d'âge mur plutôt distinguée ou du moins censée pauser à la Distinguée, cela se fait aussi dans l'Ile. La classe ménauposée et les bandouillards décrépits qui bien sur ne prennent pas de Viagra pour la bonne et simple raison qu'ils ne « baisent » personne mais officiellement surtout à un comptoir sont sensés avoir « baisé » toute la ville. Moqueries au sujet de telle ou telle personne. Je m'en vais alors dans la nuit j'ai perdu une soirée.Médiocratie j'écris ton nom...sur cette mer acier striée de pourpre, magnifique et sereine et qui me force à aimer l'Ile malgré « tout »,

