La certitude d'une île.

Publié le par M.

Corsica, une île qui fait rêver les gens, un cauchemar pour tous les gouvernements. Un T shirt vendu l'été aux touristes proclame "il y a deux sortes d'individus, ceux qui sont corses et ceux qui rêvent de l'être" et un tas d'âneries Tshirdisées du genre "Toujours conquise, jamais soumise". Le pire est que ce genre de littérature  textile devient la vox populi. Elle fait des petits. Toujours conquise jamais soumise ... L'insulaire finit par ressembler au stéréotype à la vision du cliché que le continental a de lui. Le miroir devient l'objet.  Le miroir est en train de voler en éclats et avec lui toute une échelle de valeurs (non pas au sens "droitier " du terme), qui s'effondre.  La précarité a fait son entrée dans l'île.

L'île est un monde clos, avec ses règles, ses rites et rituels avec sa loi non écrite, intransgressible. L'autre jour un prof me disait  "je n'aime pas trop le cinéma espagnol c'est trop transgressif pour moi" tiens tiens tiens...cette militante de la culture corse aurait-elle peur de la trangression ? Almodovar n'est pas né en Corse c'est certain, il transgresse, il est né sous Franco lui...Ici dans l'île qui sort du rang, déroge, est montré du doigt. Il faut surtout que rien ne bouge, il faut que rien ne dépasse, il faut se noyer dans cette masse sous peine de paraître à la masse. Mieux vaudrait donc paraître qu'être ? Ah oui...ne transgressons surtout pas. L'île forme une société dure, entre corses on ne se fait point de cadeaux. Evidement dès que la Corse est attaquée dans les médias, je suis le premier à réagir. Paradoxal ? Pas du tout. Seulement juste. Qui bene amat bene castigat. Qui aime bien châtie bien, mais si quelqu'un doit "châtier" ici ce sont d'abord les Corse eux-mêmes et entre eux. C'est une "histoire de famille" . Et comme dans toutes les histoires de passion il y a toujours un brin de haine qui vient s'en mêler.  Vue de l'extérieur, la Corse paraît bien étrange, incongrue parfois dans le maillage hexagonal. A part : forcément c'est une île : elle est donc heureusement à part. Alors je m'en vais regarder la montagne d'où je viens et de là-haut mon regard se tourne vers les vallées, la mer de tous côtés : la certitude d'une île. Ainsi va mon âme ilienne comme celle du Roi Arthur...vers l'axis mundi. Le centre est nulle part. L'île est partout.

Publicité

Publié dans Corsica per sempre !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article