Arrivederci amore ciao

Publié le par M.

"Arrivederci amore ciao" est le titre d'une chanson c'est aussi le titre du dernier film de Michele Soavi, autrefois maître de l'horreur à l'italienne. Changement de ton pour ce réalisateur plus tout jeune. Dans "arrivederci amore ciao " il traite du problème des repentis des "années de plombs". Giorgio (Alessio Boni parfait), un gauchiste idéaliste devenu terroriste, retourne en Italie après un exil en Amérique Centrale afin de mener une vie normale. Faisant chanter d'anciens militants, il obtient une peine de prison réduite. Une fois libéré, il sombre inexorablement dans une spirale infernale faite de violence et de crime. Que vient nous dire Soavi ? Une réhabilitation est un leurre ? Dans une société italienne où  règne la violence et la corruption toute échappée est impossible. Ainsi le flic interprété par Michele Placido chargé de veiller à cette réhabilitation est lui même corrompu et manipulateur. Lasciate ogni speranza voi ch'entrate, abandonnez tout espoir vous qui entrez...Un film sombre, noir, étouffant, où la mise en scène de Soavi vient nous rappeler qu'il a été un des maître du gore à l'italienne. Certes il y a une virtuosité certaine dans la réalisation, mais le  propos politique est d'une vacuité tout aussi certaine. Il n'était sans doute pas utile de faire du personnage un repenti. Si Soavi vient nous dire que le "brigadisme " a mené à une impasse, il l'explique toujours par la corruption règnant encore et renvoie, flics, juges et anciens brigadistes dos à dos.L'enfer est au delà des Alpes ? La fin du film est d'un cynisme à toute épreuve et vient racheter quelques baisses de régime que connaît le rythme. Cette fin fait  du réalisateur lui-même un manipulateur né. Mais n'est-ce pas là le rôle de tout metteur en scène ?

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Publié dans Cinéma

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M
Pour avoir juste lu le bouquin "Arrivederci amore" de Massimo Carlotto, dont s'inspire ce film ... je m'inquiète de savoir que c'est traité par un "maitre du gore"... souhaitons qu'il n'en fasse pas des tonnes, la noirceur du récit n'a pas besoin je crois d'effets artificiels façon "le retour de Freddy" !!!<br /> Quoiqu'il en soit, ce théme du "repenti brigadiste" m'amène à poser une question : lequel (ou laquelle ! ) des candidat(e)s à la prochaine éléction présidentiellle va enfin promettre l'immunité ad vitam eternam à Cesare Battisti ???<br /> Mattéo
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W
Curieux...pour Cesare Battisti je me posais aussi la question en voyant le film...Le film de Soavi est très stylisé dans la pure tradition de ce que les italiens appellent le "giallo" c'est  à dire "roman noir " en français. Celà dit connaissant l'oeuvre précédente de Soavi, j'ai remarqué certains tics de mise en scène qui lui sont propres...il n'y a aucun effet artificiel style "Freddy" mais...le traitement aurait sans doute mérité une approche plus "documentaire" un peu comme "Romanzo criminale" de Placido, çà n'est jamais "l'épouvante" mais on frôle souvent l'effet de style et celà m'a personnellement gêné pour entrer pleinement dans le récit. Certains cadrages sont proprement ceux du film "gore" même s'il y a très peu de sang dans le film. Au fond j'ai bien aimé ce film, mais en plein milieu j'ai failli lacher. Le regain d'attention se fait avec l'apparition de la fiancée et le sort qui va suivre pour elle...Celà dit Alessio Boni (Nos plus belles années) est tout à fait remarquable, de même que Placido pratiquement méconnaissable.