Le "mystère" Jan Kounen

Publié le par M.

Une scène de "Darshan" actuellement disponible en DVD.

La plupart des sites de cinéma qui parlent de Jan Kounen emploient des adjectifs du style "explosif", "osé" "stylisé" "décapant"  "virtuose". Evidement il faut bien "qualifier" le réalisateur. Ce que l'on oublie parfois (pas toujours) c'est que Jan échappe justement aux qualificatifs comme aux classifications. Qui aurait dit que l'homme de "Vibroboy" et de "Doberman" (que je viens de revoir) allait un jour nous permettre d'accèder aux expériences spirituelles les plus passionnantes avec un western atypique (forcément...)"Bluberry" puis deux films documentaires "Other Worlds" et "Darshan" ? Peu importe (sur le plan commercial) que "Blueberry" ait rencontré ou non le grand public. Trois ans après le film fait encore figure d'ovni et à n'en point douter ce film sera un jour redécouvert et fera date. Il fait déja d'ailleurs date dans l'histoire du cinéma français. Personne avant Kounen n'avait tenté (à part Jodorowsky) de confronter ses héros à "l'expérience interdite", comment ? Un "western " ou l'on parle de "l'esprit de la plante" ? Plantage assuré ? Plus loin, plus tard ou du moins les aléas de la distribution aidant, on a découvert "Other Worlds" ou le réalisateur lui-même est sous expérience psychotrope. Cette expérience devait d'ailleurs nourrir tout ou partie du scénario de "Bluberry". Alors ? Kounen "accro à l'ayahuasca" ? Et non, pas "accro" du tout, mais  son oeil créatif regarde le monde différement et perçoit une autre lumière.

Il est d'autres ponts entre le cosmos et les hommes. Et si finalement sa filmographie était beaucoup plus linéaire que ses films ne le montrent  ? En effet, la "violence " très bande déssinée de "Dobermann" laisse la place à l'Amour de l'Humanité dans "Darshan". Mais montrer la violence au prime abord était nécessaire pour faire le "chemin". L'élévation spirituelle se fait par "Other Worlds " et "Bluberry" alors que les critiques négatives de "Dobermann" avaient dénoncé la soit-disant "vacuité" du film. Demain "99 francs " (actuellement en plein tournage) nous montrera l'envers de la société de consommation et du profit. La balle lancée des bords du Gange dans "Darshan" vient rebondir sur les étals des super-marchés des boutiques de luxe, du marketing à outrance. Tiens ? Pas si mystérieux que çà Kounen...il suffit de saisir le fil, de suivre la voie. Demain encore "L'histoire de Panshin Beka", naissance, renaissance ? sur les bords de l'Amazonie. (Panshin Beka est un des segments de "8" (huit films réalisés entre autres par Kounen lui-même Jane Campion, Gaspard Noé et Wenders)...

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Publié dans Cinéma

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