BABEL , destins croisés une incroyable envolée de Innaritù

Publié le par M.

Gonzales Innaritu nous livre "BABEL " un film qui après les "amours chiennes" et " 21 grams " confirme son immense talent de réalisateur mais aussi la grande maîtrise d'Arriaga scénariste de ses précédents films et de ce dernier opus.  BABEL est un film que le grand public (c'est à dire le public du samedi soir) trouvera déroutant et c'est tant mieux, car le film est déroutant à plus d'un titre. Innaritu nous livre un BABEL sans Nemrod, mais au delà des différences de langages le lien se fait sur un évènement fortuit. Un coup de feu dans le désert en guise de prèche amorce le fil de destins croisés, déchirés dans une humanité qui n'a plus rien d'humain. Certes le film est d'un accès plutôt difficile : tant mieux. Mais une fois que le réalisateur nous a fait monter à bord il devient impossible de quitter la place. Le specteur demeure fasciné par cette étrange va et vient de pays et de voix, de destins et d'itinéraires que le hasard a noué. Des ames errantes au bord de la déchirures ou tourmentées et déchirées. Le désert marocain devient alors une allégorie qui va porter tout le film comme Tokyo en est l'opposé. Une société agraire et démunie face  à une autre société high -tech et opulente. Pourtant des lignes de vies se conjuguent et se mêlent, des êtres s'aiment, se déchirent, s'ignorent se perdent et se retrouve. Mais le feu a détruit Babel comme l'humanité que nous montre Innaritu porte en elle les signes d'une fin proche.  Dans le désert de rocaille nous retrouvons les deux enfants par lesquels les destins ont commencé à s'entrechoquer dans un élan superbe. Le monde est un Labyrinthe où l'Homme trouve sa route. Innaritu nous livre des séquences très fortes. Son art est radical et le monde a bien besoin de cette radicalité face à la société du profit et de l'apparence. Les personnages du film sont nus, perdus," errant sur la terre " en référence à la formule biblique.  Babel est un film fascinant car construit à la manière d'un jeu de piste ou comme les personnages nous sommes conduits à récuperer les fragments épars de notre moi. On comprend dès lors qu'une stard comme Brad Pitt ait senti la force de ce scénario et ait eu envie de participer à l'aventure. Non en tant que "star" mais en tant que comédien, il est bouleversant dans ce rôle comme le sont Anna Barrazza et Cate Blanchett. Babel un film qui vous poursuit longtemps après la projection comme le vent poursuit le sable du désert. Un  oeuvre magistrale.

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Publié dans Cinéma

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Pas d'accord avec cette critique très enthousiaste.<br /> Le film d'Inarritu est médiocre : propos lourd (et pas nouveau), philosophie et symbolisme de bazar (le hasard n'existe pas, vive le destin !!!), stylisation à outrance (cf. la scène de boite de nuit à Tokyo, affreuse et insupportable), mise en scène tapageuse, prétentieuse, musique excessive, des scènes inutilement longues et qui ne servent à rien pour le porpos du film (cf. la scène du mariage au Mexique).<br /> En fait, le film traite de manière trop superficielle plusieurs sujets qui auraient mérité chacun un film propre. Notamment à partir du segment japonais, relativement émouvante évocation d'une jeune ado paumée.<br />  
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W
Je ne suis pas du tout de ton avis. Lol. Je me suis déja expliqué sur mon goût pour ce film.  Au contraire, le film prouve que je hasard existe et non le destin. D'ailleurs qui te dis que le destin ce n'est pas justement le hasard ? Il s'agit d'itinéraires croisés. A partir de rien, un détail te fait rencontrer des gens parfois. Sur la "philosophie" rien à dire. Pour moi ce n'est pas une oeuvre philosophique, Innaritù traite de la chair aussi sous tous ses aspects, érotisme, maladie, blessures, chair en décomposition, de surcroît, la juxtaposition de zones rurales sous-développées (les gens du désert, le mexique et son immigration ) avec un Japon capitaliste et high tech m'a plu...