Un été corse.
Où s'en vont les étés corses ?
Les plages sont devenues désertes. La chaleur persiste. Enfin seuls. Huit kilomètres de sable pour nous. Point de cris, de jeux de ballon, de mémées ointes d'huile à bronzer, d'éphèbes musculeux, plus de cellulite exposée, rien que la mer et la brise du large. Un vol de mouettes, un voilier blanc qui rentre au port, des yatchs qui quittent la baie.
Le soleil de midi éclate dans la vague. Le soir la baie sombre dans le mauve, et l'argent poignardé par un jet de pourpre qui jaillit des îles Sanguinaires. Le silence.
Quelques crabes rescapés risquent une course sur un rocher. Là-bas un dauphin, rescapé lui aussi jaillit de l'eau comme un sabre d'acier.
Elle marche sur la grève de septembre, l'écume enlace ses chevilles fines, elle secoue ses longs cheveux noirs, son sein a l'éclat du cuivre, sa peau a gardé le goût de l'iode. Elle regarde l'horizon puis me rejoint sur le sable, silencieuse comme une sirène. Ses lèvres ont le reflet de la nacre.
Elle a absorbé l'été, bu à cette coupe solaire le miel de la vie.
Là-bas au loin sur les rochers, elle ira cet hiver écouter le chant des épaves, écho des naufragés de l'été ; puis elle traversera l'île froide et déserte pour préparer encore ses filets et les tendre à nouveau sous le soleil de juin préparant en son sein un rêve de noyade. Elle.
![]() | ![]() |
Et vous croyez sans doute que vivre ici c'est vivre au Paradis ? (tu parles...)
Publicité

