Pluie sur Ajaccio
Pluie sur Ajaccio,
Dimanche de pluie, là sur le port de rares bateaux trainent leur carcasse jaune. Tout un programme pour mettre fin à une grève : des bateaux « jaunes »

Cris de mouettes, une roquette l'autre soir dans la nuit apéritive, dynamite et cocktails de vingt heures. La routine.

Ajaccio désert, ce soir on fait un remake d'Exodus, ils seront des milliers à se précipiter pour quitter l'île. Alors comme hier soir commencera le Grand Embouteillage qui paralysera la ville. Mais gorgés de soleil, affamés hagards, ils se rueront vers les bateaux jaunes salvateurs pour regagner l'hexagone béni sous escorte policière.
La mer a des reflets d'acier, là-bas il pleut sur les Sanguinaires. Du haut de la grande Tour gênoise on voit l'horizon se déchirer sous les vagues. E la nave va...
Ciel contradictoire, phrases avortées, chaos. Il pleut sur Vizzavona où les feuilles commencent leur lent pourrissement de cuivre et de sang.
Autochenilles sur le port, les CRS ne deviendront jamais des papillons.
Porticcio hier soir, encore des Visiteurs coincés par la grève entrain d'avaler des pizzas. La ville étendait son épine dorsale de néons dans un gôut d'algues tandis que Bastia lacrymogène. Un flic à la mer et l'île est sans bouée. Le vide n'a pas d'odeur. L'argent en a une : celle du Kapital qui se défend, çà pue les enfants.
Il me faut du vin pour ce soir. J'irai errer en ville à la quête de quelque boutique ouverte. En cas de blocus nous avons le vin qui chante : Dio vi salvi Regina.
Dà nemici nostri a noi date vittoria
Publicité