Octobre, une acteur, des vagues, une manif

Publié le par M.

Octobre, un acteur, des manifs et des vagues.
Fréderic Gorny est venu avec Thierry, là sous la pluie et le soleil mêlés.
Sur la Route des Sanguinaires, un arc-en-ciel parfait enjambait le golfe sombre et écumeux.
Route des Sanguinaires déserte. Sur les plages la mer s'étire sous la pluie. Nous marchons jusqu'en haut de la Tour gênoise de la Parata qui domine et guette quelque bateaux dans le chaos des flots et les embrunts pourpres du jour qui agonise. Cris de mouettes. Odeur du maquis mouillé : cistes, lentisques, aubépine et buis étincellent sous le dernier soleil.
De l'autre côté de la Tour, le mer en furie déchire le granit dans un écume d'or. L'acteur regarde et photographie, fige les instants en numérique. Orage de pixels ramenés à Paris, fragments de Corse, sueur granitique.
L'arc en ciel a disparu. Là-bas en ville les CRS gardent le Port. Demain c'est la manif.
Retour en ville, en silence, coup de fil à un agent pour un film.
Restaurant de poissons, et du vin encore et toujours pour Thierry et moi. Frederic pratique l'ascétisme. Eau, pas de tabac, pas de graisses. Du rire, de la vie, propos sur un film entrain de se faire, et sur un film à faire. Propos sur le cinéma, les acteurs et toute cette vie qui va et s'en va...Un livre écrit un autre qui coure dans la tête de Thierry.
Des instants magiques volés au quotidien. Des instants hors-champ avec des gens authentiques et qui disent et ne « l'envoient pas dire » enfin ! . Certains acteurs ne jouent pas du tout dans la vie, ils laissent cela à d'autres....Amitié, authenticité, droiture. Putain c'est si rare des tels moments.
Au revoir sur le Port désert, et la pluie toujours.
Aujourd'hui c'est manif. Long cortège qui s'étire sur le cours Napoleon. Soleil en plein ciel, orage à venir dans les esprits. Et demain il s s'en retourneront pointer. Amers ou plein d'espoirs, révoltés ou résignés. Cris, slogans, tambours et lacrymogène. Une voiture flambe sur le Port. CRS, grilles anti-émeutes. Le conservatisme a ses brigades et elle ne sont pas rouges. Demain ? Demain ? « Nous aurons tout dans dix mille ans ! »

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Publié dans Corsica per sempre !

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S
Ce n'est pas juste du tout!! Je veux la mer, l'air pur, le poisson, le vin et même encore du vin... Dans dix mille ans, qu'aurais-je... rien? <br /> Oui, je le vois le Golfe rond.... mais je le vois des profondeurs du métro, du fin fond de la vieille maison qui sert d'abris aux résistants de la littérature à côté des termes de Cluny! Le cadre est moins rêvé mais pas moins "riche", dirons certains...<br /> Allons, il ne faut pas que je sois aigrie sur le terrain de Corsican!lol! Tout ça pour dire que j'aimerais bien être "là-bas", loin de la grissaille de Saint-Michel. Difficile de se concentrer sur l'essentiel dans mon paysage mouvementé et paralysé. Les "manifestants" nous ont aussi montré leur présence en début de semaine dans un silence teinté d'une malheureuse habitude. Les transports bloqués, réduits, la vie décalée, ralentie.. Mais qui les écoute? Qui les entend? Les échos dans la presse? Cette presse complaisante pour notre gouverenement rend - elle bien compte de notre environnment? Alors pendant que les voitures brûlent, les slogans fusent, les crs ripostent; les esprits dorment, s'enlisent, meurent étouffés. <br /> Demain, nous n'aurons rien alors?
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M
ILS auront tout dans dix mille ans<br /> Mais nous c'est aujourd'hui que nous voulons vivre
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